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samedi 6 avril 2019

Nouveau guide impérial de Tamriel/Postface

Nouveau guide impérial de Tamriel/Postface

À l'attention de Zonara Antistia, centurion éclaireur de la Quatrième légion.

Mon périple a été retardé par les récents affrontements côtiers opposant les Bosmers aux Maormers, ainsi que par le piteux état des routes qui sillonnent le domaine des Elfes des bois. A mon arrivée à Vieille-Racine, l'érudit Terentius s'est révélé introuvable. Craignant pour sa sécurité et surpris par l'absence d'un quelconque message de sa part, j'ai entrepris d'interroger la population locale. Ils m'ont vite orienté vers le prêtre, ou Tisseur, qui avait hébergé Flaccus pendant plusieurs jours. A l'issue d'une fouille approfondie de son campement, j'ai découvert les restes calcinés du guide impérial de Tamriel, ses pages couvertes de notes manifestement écrites par Flaccus. Le coeur lourd de soupçons, j'ai questionné le Tisseur, qui m'a bien sûr fourni des réponses tortueuses et évasives, comme on peut toujours s'y attendre de la part d'un Bosmer.
En définitive, j'ai fini par être convaincu de l'innocence du Tisseur ; j'ai même accepté avec gratitude l'aide de deux Jaqspurs, qui m'ont escorté au coeur de Val-Boisé à la recherche de Flaccus, parti précipitamment une nuit sans provisions suffisantes. Nous avons remonté sa piste jusqu'au seuil de Gil-Var-Delle la maudite, que les chasseurs ont refusé de franchir avant de me quitter. Je n'ai croisé personne (pas même un animal) alors que je fouillais les rares bâtiments encore intacts de cette petite ville en ruines. J'ai trouvé ce journal dans une hutte à sa limite nord, mais nulle autre trace de mon ami disparu. Le document était humide, mais sa reliure et son contenu toujours intacts. Toutefois, quelques feuilles volantes et des pétales de roses ont été emportés par le vent quand je l'ai examiné.

L'ouvrage fait actuellement route vers son excellence le chancelier Abnur Tharn, à la Cité impériale, qui saura certainement quoi en faire.

J'ai bien peur que mon plus vieil ami ne soit mort ou perdu à jamais.

Mactator Caprenius
Messager de la Quatrième légion
19 de vifazur, 2E 581

La guerre des Eaux sombres, volume 7

La guerre des Eaux sombres, volume 7

Par Valenca Arvina, historienne résidente de l'université de Gwylim

Certains historiens présentent la guerre des Eaux sombres comme un conflit ininterrompu durant vingt-six années. Or, bien que les parties impliquées dans ce conflit demeurèrent les mêmes, les première, deuxième et troisième campagnes n'avaient presque rien en commun l'une avec l'autre. En 1E 2833, la stratégie de l'Empire avait tellement évolué qu'elle n'était plus impériale que de nom. En effet, alors que les réformes de Sardecus avaient réorganisé les légions, la doctrine Falco fut le véritable catalyseur qui mena au terme de la guerre.

Le général Lucinia Falco prit le commandement de la Legio IV juste après le décès de Sardecus. Sa nomination tombait sous le sens, car elle était proche de lui, forte, ardemment loyale envers l'Empire et absolument impitoyable. Elle fut promue officière peu après la bataille d'Argonie, sa carrière militaire entière fut donc le fruit de la guerre des Eaux sombres. Contrairement à ses prédécesseurs, elle avait compris que ce conflit ne pouvait pas être remporté sur un front unique. Elle pressa donc l'Empire de proposer des lettres de course et des commissions temporaires aux nombreux pirates qui écumaient la côte de Lilmoth et d'Archon. En opérant conjointement avec une légion d'infanterie de marine du Diamant, cette force parvint à prendre de vastes portions de territoire dans les marais du sud-est et même au cœur du pays.

Depuis Gidéon, dont elle fit sa base d'opération, Falco lança un second assaut à l'échelle de la région. Plutôt que d'envoyer une légion complète, à la manière de ses prédécesseurs, elle dispersa ses forces en centaines d'unités compactes, très entraînées. Ces pelotons expéditionnaires, appelés ultérieurement « baudriers rouges », étaient menés par des vétérans des marais, dont certains étaient sous les enseignes depuis le début de la deuxième campagne.

Au début, les baudriers rouges remportèrent de nombreux succès et furent en mesure de revendiquer la majeure partie de l'ouest du Marais noir, avant de ralentir et de s'enliser juste à la bordure de la végétation dense et du silence inquiétant du cœur du marais. Malheureusement, étant donné la taille de ces unités, elles ne purent pas conserver le territoire qu'elles avaient conquis. Ce qui débuta en un conflit entre deux nations était devenu une interminable série de coup de main, de ripostes, d'attaques éclair et de pillage, avec leur cortège d'horreurs. Les années 1E 2834 à 2836 furent terribles pour les deux camps, car Argoniens et Impériaux se livraient à des campagnes d'intimidation et de terreur.

Il n'y eut pas d'armistice. D'après les sources, la guerre s'est tout bonnement arrêtée en 1E 2836. Tout à coup, les Argoniens qui combattaient les Impériaux depuis des décennies enterrèrent leurs armes et reprirent leurs activités d'antan : agriculture, pêche et vannerie, sans même se rendre formellement. L'Empire ne perdit pas de temps et revendiqua officiellement la région en 1E 2837. La guerre des Eaux sombres arrivait enfin à sa conclusion, aussi soudaine qu'inexplicable.

L'arrêt imprévu des hostilités de la part des Argoniens n'est qu'un mystère de plus parmi tous ceux qui parsèment ce conflit. L'hypothèse la plus répandue veut que la tradition de vénération des arbres propre aux Argoniens jouât un rôle dans cette décision, mais il est possible que nous ne découvrions jamais pourquoi ils déposèrent les armes. En tant qu'historien, c'est une situation frustrante, mais les mystères nés dans les eaux troubles du Marais noir sont rarement résolus, du moins de façon satisfaisante.

La guerre des Eaux sombres, volume 6

La guerre des Eaux sombres, volume 6

Par Valenca Arvina, historienne résidente de l'université de Gwylim

La doctrine de Sardecus s'articulait autour d'un principe fondamental : le véritable ennemi n'était pas les Argoniens, mais les marais. Lors de la première campagne, environ la moitié des pertes étaient dues à la maladie ; les disparitions venaient en deuxième position. Selon ses estimations, les raids argoniens ne venaient qu'en troisième, de très loin. Gardant ceci à l'esprit, il instruisit ses officiers de façon à appliquer une stratégie d'ensemble simple : pour conquérir le Marais noir, il fallait le détruire.

Sardecus déploya des cohortes entières d'ingénieurs et de sapeurs sur le front. Alors que les légionnaires se livraient à des expéditions punitives dans les villages proches du front, le génie drainait les marécages, salait les rizières et abattait des centaines d'arbres. L'événement le plus connu de cette phase de la guerre fut le « Grand Incendie » de 1E 2828.

Les registres indiquent qu'au début d'ondepluie 1E 2828, Elissia Mallicius (un des légats les plus appréciés de Sardecus) ordonna à une manipule de sapeurs de mettre le feu à une tourbière près de Fort-tempête. Ils exécutèrent cet ordre, sans savoir que la tourbière n'était que la partie superficielle d'un vaste réseau souterrain. Plusieurs mois plus tard, les légionnaires commencèrent à signaler des incendies spontanés en des lieux aussi éloignés que Quiétude et Gidéon. Il fallut encore plusieurs mois à la légion pour réaliser que la région entière brûlait.

Un véritable cauchemar de tourbe, de poix et de détritus embrasés fit rage sous le sol pendant plus de trois ans. Le Marais noir, déjà dangereux par lui-même, devint complètement inhabitable et la légion fut forcée de reculer pour la première fois depuis presque une décennie. Des vapeurs toxiques et des éruptions soudaines de gaz embrasés rendaient la région simplement invivable, même pour les Argoniens. Des centaines d'espèces animales et végétales endémiques du marais s'éteignirent et des tribus entières d'Argoniens furent anéanties. Même la légion subit des pertes significatives. Des centaines de soldats furent emportés par la « componction des marais » et les explosions de poches de gaz, avant de pouvoir échapper aux flammes. Ce fut un rude coup pour l'Empire comme pour les Argoniens, qui marqua la fin de la deuxième campagne et celle de la carrière de Sardecus. Peu après la retraite de la légion, il tomba malade et passa en Ætherius avant de parvenir à la Cité impériale. Officiellement, il est mort d'une infection aiguë consécutive à une blessure qu'il aurait reçue en se retirant de Marais. Mais, parmi les légionnaires, les rumeurs allaient bon train.

Les véritables circonstances de son trépas sont, elles aussi, sujettes à débat entre historiens. Pour ma part, j'estime possible que les Écailles d'ombres aient été impliquées. Bien que nous ne sachions à peu près rien à propos de cette organisation et de ses méthodes, il est raisonnable d'envisager leur participation au conflit. Or, nous avons là un général réputé qui périt directement après le désastre du Grand Incendie. Si mon étude de l'histoire m'a bien appris une chose, c'est qu'il n'existe rien de tel qu'une coïncidence.

La guerre des Eaux sombres, volume 5

La guerre des Eaux sombres, volume 5

Par Valenca Arvina, historienne résidente de l'université de Gwylim

Dans l'armée impériale, le général Sardecus était presque considéré comme une légende. Vétéran d'innombrables campagnes, Sardecus s'était distingué en de nombreuses occasions, tant comme soldat que comme général.

Sardecus, dit le Roc, était tout ce que Bucco, alors porté disparu et considéré comme mort, n'était pas. Ses proches le décrivent comme un homme robuste et dépourvu d'humour, au faciès fin et aquilin. En raison d'une blessure reçue à la bataille d'Argonie, il boîtait. Il s'exprimait par phrases courtes, d'une voix profonde qui inspirait l'obéissance. Il ne portait ni uniforme de général ni tenue d'apparat, préférant la tenue d'un centurion, à laquelle il ajoutait un emblème blanc pour signaler son grade.

Sardecus et la Legio IV reconstituée ne perdirent pas de temps pour reprendre l'initiative. Dès 1E 2823, ils avaient repris le territoire perdu lors de la retraite de Bucco. Les experts en stratégie attribuent ce succès à la capacité d'adaptation et aux tactiques judicieuses de Sardecus. Par exemple, il ordonna à ses légionnaires d'abandonner leur armure de métal au profit de vestes de cuir rembourrées. Les fourriers impériaux se coordonnèrent avec les supplétifs et les éclaireurs argoniens pour apprendre comment subvenir aux besoins de la légion à partir du marais. Les centurions et les légats reçurent quant à eux plus d'autorité. Ils pouvaient prendre des initiatives lorsqu'ils étaient séparés du gros de la légion. Permettre aux cohortes et aux manipules de combattre selon leurs propres termes eut un effet positif puissant sur le moral des soldats. Pour la première fois, les légionnaires étaient en mesure de combattre autour de leur commandant. Bien entendu, tout dépendait de l'expertise et du talent de commandement des légats. Mais, Sardecus était un homme notoirement exigeant qui n'hésitait pas à dégrader un officier décevant.

Mais, le plus grand succès de Sardecus se produisit dans le domaine diplomatique. Il entra rapidement en relation avec des tribus argoniennes déçues ou laissées pour compte et leur proposa de les récompenser si elles participaient au conflit pour l'Empire. Feu Bucco, comme nombre de contemporains, considérait tous les Argoniens comme des barbares, unis par des mœurs révoltantes et un tempérament sauvage. Sardecus se rendit rapidement compte qu'il n'en était rien. Il conclut des alliances solides avec plusieurs tribus influentes, dont les perfides Archeins et les Shoss-Kaleel. En quelques pourparlers, il parvint à presque tripler ses forces. La guerre du Marais noir tournait enfin en faveur de l'Empire.

La guerre des Eaux sombres, volume 4

La guerre des Eaux sombres, volume 4

En 1E 2820, la Legio IV du général Bucco était au bord de l'effondrement. Le peu de troupes qui lui restaient n'était plus en mesure d'offrir la moindre résistance organisée. Après qu'une mutinerie parvienne à deux doigts de le priver de son commandement, il ordonna enfin la retraite hors du cœur du marais. Il s'attendait à ce que les Argoniens ne les poursuivent pas.

Après une retraite épuisante de dix jours, ce qui restait de sa légion se regroupa au pied d'une ancienne pyramide argonienne appelée « Xi-Tsei ». En tout, elle ne comptait plus que trois cent cinquante combattants. Bucco prévoyait de prendre un bref repos à l'ombre de la pyramide, puis de ramener le reste de ses forces en sécurité, en Cyrodiil. Ce ne devait jamais être. La nuit du 1E 14 2820, ce qui restait de la fière Legio IV de Bucco fut anéanti.

Les détails du massacre de Xi-tsei font l'objet de nombreux débats entre historiens. Nombreux sont ceux qui pensent que Bucco et ses derniers légionnaires furent taillés en pièces par une grande bande de guerriers Argoniens, mais les preuves qui soutiennent cette hypothèse ne sont que parcellaires. Les fouilles archéologiques autour de la pyramide ont permis de retrouver des centaines de corps et des armes abandonnées, mais les restes d'au moins une centaine de légionnaires manquent à l'appel. Cela pose question : que leur est-il arrivé ? Absolument rien n'indique qu'ils parvinrent en Cyrodiil, aussi ont-ils pu être faits prisonniers. Mais, les fouilles menées sur les sites des camps de guerriers argoniens n'ont pas non plus livré de preuves attestant de la présence de légionnaires retenus prisonniers. Cette disparition mystérieuse s'ajoute à toutes celles qui se sont produites durant le conflit. Les Argoniens en savent peut-être plus, mais aucun n'a jugé bon de s'en ouvrir à un historien.

Cette défaite écrasante dans le Marais noir constitua le dernier outrage que le Conseil impérial toléra. D'autres forces hostiles observèrent ces événements et s'en trouvèrent stimulées, car les légions jadis tant redoutées apparaissaient à présent affaiblies. En réponse, le conseil reconstitua la Legio IV sous le commandement du général Regulus Sardecus et ordonna la deuxième campagne de la guerre des Eaux sombres.

La guerre des Eaux sombres, volume 3

La guerre des Eaux sombres, volume 3

Par Valenca Arvina, historienne résidente de l'université de Gwylim

En 1E 2816, la Legion du général Bucco ne comptait plus que six cohortes, aucune ne disposant d'un effectif complet, alors que la campagne était toujours en cours. Les attaques éclair adverses, la maladie et les disparitions mystérieuses se conjuguaient les unes aux autres et les légionnaires combattaient avec un sentiment mêlé de désespoir et de cynisme.

Conscient que ses opérations échoueraient s'il ne recevait aucun renfort, Bucco demanda le déploiement d'une autre légion dans le Marais noir. Au lieu de faire venir ses troupes fraîches au front pour relever ses forces épuisées, il leur ordonna de bâtir la « Via Remania » (appelée ultérieurement la « route du marais »). Seule une poignée de personnes savait où elle allait et quel était son but, mais Bucco était convaincu qu'une route pavée bien défendue serait un atout pour l'effort de guerre et renverserait le cours de la guerre en faveur de l'Empire.

En théorie, il voyait tout à fait juste. Le manque de vivres et de fournitures était depuis longtemps une épine dans le pied de sa légion. Un train de ravitaillement renforcé et protégé faciliterait la rotation des troupes et garantirait l'acheminement des vivres, de l'eau et de l'équipement. Hélas ! Elle ne fut jamais terminée.

Car, en pratique, la Via Remania fut attaquée presque sitôt commencée. Des vagues d'Argoniens s'élançaient à l'assaut des ouvriers à tout moment de la journée. Les légionnaires qui auraient dû être armés du bouclier et de la lance en étaient réduits à se défendre avec des pelles et des chaînes. Ils étaient aussi sujets à l'épuisement et aux fièvres. Leur ouvrage ne fut achevé que jusqu'à la moitié de la distance séparant la frontière du front. Après la fin amère de la campagne des Eaux sombres, la route du marais passa à postérité comme la « Folie de Bucco ».

La guerre des Eaux sombres, volume 2

La guerre des Eaux sombres, volume 2

Par Valenca Arvina, historienne résidente de l'université de Gwylim

Les premières années de la guerre des Eaux sombres ne furent pas tendres pour les légions impériales. L'armée qui avait volé de victoire en victoire dans les terres vallonnées de Cyrodiil n'était tout simplement pas à la hauteur des paluds fétides du Marais noir.

Pour commencer, l'équipement des légionnaires n'était pas adapté à un tel environnement. Leur armure était trop lourde et rouillait rapidement. Ils passaient des heures à nettoyer leurs bottes et leurs boucliers de la boue et de la crasse qui les recouvraient, afin d'alléger le fardeau qu'ils emportaient au combat. Au terme de la deuxième année, les légionnaires avaient purement et simplement abandonné leurs cuirasses et leurs grèves, préférant affronter la mort sans mariner dans la sueur poisseuse qui s'accumulait dans leurs vêtements de métal.

Dans ces lieux inhospitaliers, les tactiques développées par les Impériaux au fil des siècles étaient tout aussi inutiles que leurs armures. Leur système de déploiement en cohortes et leur organisation en ligne manipulaire étaient impossibles à mettre en œuvre au cœur des marais. L'épaisse végétation de cyprès et le terrain accidenté rompaient la cohésion des groupes et faisaient dégénérer le combat en un magma de petites escarmouches, domaine dans lequel les Argoniens surclassaient les Impériaux. Dans de telles conditions, la chaîne de commandement était mise à rude épreuve, ce qui résulta rapidement en une insubordination larvée et en des luttes de pouvoir entre officiers, dommageables pour le moral des troupes.

Enfin, le marais lui-même semblait dévorer inexorablement des cohortes entières. Des rumeurs et des demi-vérités s'échangeaient sans cesse autour des feux de camp des légionnaires. D'aucuns estimaient que les cohortes disparues s'étaient perdues et étaient mortes de faim et de soif avant d'avoir pu revenir vers leur camp de base. D'autres blâmaient les redoutables « guerriers fantômes », des Argoniens pâles et hideux à la réputation effroyable. On parlait même d'une créature ténébreuse et malveillante qui se cachait dans les eaux du marais et dévorait des manipules entiers d'un seul coup de dent. Il s'agissait évidemment de racontars, mais leur effet sur le moral de la troupe était indéniable.

Cette suite de revers et ces circonstances défavorables étaient le prélude à des décennies d'une guerre calamiteuse. Des milliers de soldats devaient trouver la mort avant la fin des hostilités.

La guerre des Eaux sombres, volume 1

La guerre des Eaux sombres, volume 1

Par Valenca Arvina, historienne résidente de l'université de Gwylim

Lorsque débuta l'invasion du Marais noir, en 1E 2811, les légions impériales étaient sûres de vaincre. Elles avaient remporté une victoire éclatante et décisive lors de la bataille d'Argonie, ainsi que plusieurs affrontements suivants. Ces batailles avaient été gagnées sans que les Argoniens parviennent à opposer une résistance concrète, laissant de nombreux combattants au sol, alors que les forces impériales en étaient sorties pratiquement intactes. En semailles 1E 2811, le peuple reptilien battait retraite, cherchant le refuge du cœur des marais. L'Empire décida de profiter de son avantage et lança une invasion totale, avant que son ennemi parvienne à reconstituer ses forces.

La colonne était commandée par Augurius Bucco, un officier jeune et charismatique. En Cyrodiil, sa popularité était grande. Son visage avenant et ses talents oratoires l'avaient conduit au sommet de la hiérarchie militaire à une vitesse sans précédent. À vingt-cinq ans, il portait déjà le diamant du général. Lorsqu'il fut promu, on lui proposa des légions aux quatre coins de Cyrodiil. Il choisit la Legio IV, qui était en première ligne contre les Argoniens.

De nombreuses supputations ont été émises quant au choix d'une affectation aussi sinistre et dangereuse. Pour ma part, j'estime que la fierté en fut le facteur déterminant. Dès ondepluie 1E 2811, les rumeurs concernant les victoires des légions aux confins du Marais noir allaient bon train dans la Cité impériale. Bucco a dû estimer que devenir général de la Legio IV était la garantie de devenir grand maréchal. Il devait être convaincu que la conquête du Marais noir serait rapide et glorieuse. Si tel était le cas, il se trompait lourdement.

Incursions impériales : Regrets d'un officier

Incursions impériales : Regrets d'un officier

Mémorandum impérial #61509.N

Par Secrétaire impérial Jirolin Arius,

Mon cher frère, pourquoi ce châtiment ? Qu'ai-je fait de si terrible qu'on a décidé de m'envoyer dans cette région désolée ? C'est parce que j'ai refusé les avances du général Menanius, c'est ça ? Je savais que j'aurais dû prendre sur moi et lui donner satisfaction ! Mais non, j'avais des principes. De l'amour-propre. Et maintenant, regarde où j'en suis ! Je suis couverte de boue et de sueur, et l'odeur… je pense que mes cheveux en resteront à jamais imprégnés !

Je t'ai dit à quel point je hais cet endroit ? On ne peut même pas se battre convenablement, car ces maudits lézards ne se battent pas comme des gens normaux ! Ils trichent ! Nous n'avons jamais affronté un ennemi comme ces suceurs de sève !

Alors, mon cher frère, que dois-je faire pour que tu glisses quelques mots favorables au sujet de ta sœur qui t'aime tant ? Si tu pouvais faire comprendre à la générale que j'ai envie de passer du temps avec elle à ma prochaine visite de la cité impériale, je te serais redevable à un point que tu n'imagines pas ! Je te donnerai tout ce que tu veux si tu me sors de ce maudit marigot !

Capitaine Millona Arius,
Quatrième Légion,
17 plantaisons, 1E 2812

Incursions impériales : Pourquoi un marécage ?

Incursions impériales : Pourquoi un marécage ?

Mémorandum impérial #53902.B

Membres du conseil impérial,

Pour commencer, merci encore de m'avoir donné cette occasion de servir l'Empire. Je ferai tout en mon pouvoir pour constamment être digne de la confiance que vous me témoignez.

Ensuite, j'ai cru comprendre que certains membres du conseil s'interrogent, voire s'inquiètent, de ma décision de prendre le commandement de la Quatrième légion du Marais noir. « Pourquoi conquérir un maudit marais alors qu'il y a des lieux plus importants ? », m'a-t-on notamment rapporté. Ces mots provenaient de la bouche d'un membre éminent du conseil. Bien sûr, je me plierai toujours à votre infinie sagesse, mais laissez-moi vous expliquer pourquoi ce « maudit marais » est nécessaire à la sécurité future de l'empire.

Le Marais noir couvre une bonne portion du sud-est de Tamriel. D'après notre exploration depuis la côte, le marécage intérieur est aisément aussi vaste que Martelfell ou Bordeciel, et contient un réservoir intact de ressources et de richesses. Si les lézards ne l'exploitent pas, autant le faire nous-mêmes.

Et que dire des Lézards eux-mêmes ? Voulons-nous vraiment laisser ces primitifs se gouverner eux-mêmes ? Cela exposerait nos frontières à une attaque s'ils devaient un jour voir apparaître un chef charismatique en leur sein. Pourquoi attendre l'inévitable ? Mieux vaut agir maintenant, et tracer notre propre destin. Après tout, c'est bien là la tradition impériale !

Enfin, le Marais noir représente la frontière finale pour la machine de guerre impériale. C'est un territoire neuf et vierge, une région inconnue n'attendant que des explorateurs. Je me réjouis de mener nos forces dans cette entreprise nécessaire et digne. Et je vous assure que notre victoire contre les Lézards sera rapide et splendide. Je vous le garantis !

Général Augurius Bucco,
Commandant, Quatrième Légion
13 clairciel, 1E2811